13ème édition du Festival Résistances, du 3 au 11 juillet 2009
Formidable antidote contre la morosité et l’uniformisation de la pensée, le Festival fuxéen Résistances, propose, du 3 au 11 juillet 2009, un cinéma citoyen et engagé. Projections, débats et rencontres rythment ce rendez-vous estival unique, soucieux de poser un regard critique sur le monde.
Alternatives éclairées
Voilà 13 ans que cette manifestation culturelle dédiée au cinéma de prise de conscience et d’invention des possibles aiguise les esprits. «On ne va pas trouver dans Résistances de films porteurs d’une idéologie, explique Gwladys Déprez coordinatrice communication du festival, il faut vraiment s’enlever cette idée de la tête. Ce sont des films visuellement soignés, qui questionnent la société, qui résistent au formatage et au conformisme ». Un point de vue que confirme Valérie Guillaudot, coordinatrice du festival : « Ce qu’on veut faire passer, c’est le regard des réalisateurs, c’est pour ça qu’on est avant tout un festival de cinéma ».
Aucun doute, le festival annoncé pour mort en 2006, suite au départ de ces fondateurs, a su renaître de ses cendres et conserver la même volonté de constituer un espace de débat, d’émulation et de rencontres dans un département rural à l’histoire sociale mouvementée. Pourtant, il s’agit bel et bien d’un festival neuf, plein de promesses et soucieux de s’ouvrir à l’ensemble de l’Ariège. « Il y a 3 ans Résistances a été repris par un collectif qui ne voulait pas le voir disparaître. Aujourd’hui, plus de 35 bénévoles on repris le flambeau, et l’organisent à l’année, de manière collective. On ne voulait pas une rupture avec l’ancienne équipe, explique Gwladys. C’était une ligne éditoriale sur laquelle on se retrouvait tous. On a juste amené un fonctionnement plus collectif et des films plus optimistes qui soient force de propositions plus que constats amers».
30 réalisateurs invités pour une édition phare
Forte du succès de l’année passée, cette 13ème édition décline 4 thématiques, nourries de projections dont ¾ de documentaires et de rencontres pour aboutir à 6 débats. Ouverture des hostilités les 5 et 6 juillet avec Murs et frontières. «On aborde la question de l’immigration, explique Valérie Guillaudot, avec l’idée qu’on vit dans des sociétés qui se renferment sur elle-même et qui montent des murs pour éloigner ceux qui la gène. On a reçu un grand nombre de films venus du monde entier. Ce sont des œuvres récentes sur le parcours des migrants qui nous transportent dans l’intimité de ces personnes ». Deux débats ponctueront cette thématique : « Prison toujours plus » et «Immigration : la citadelle occidentale». Le 6 et 7 juillet, Arts pouvoir et contestation, se veut un voyage temporel et géographique à la rencontre d’artistes engagés et d’oeuvres anticonformistes. C’est l’occasion de suivre des artistes et des formes artistiques qui réfléchissent sur le monde, qui s’engagent ou qui militent, avant de se demander « où se joue la contestation entre l’art et l’artiste ?». Les 8 et 9 juillet, Science sans conscience, analysera l’enjeu des nanotechnologies en corrélant progrès, science, santé, intérêt économique et démocratie, pour trouver un juste équilibre entre « raison et déraison des nanotechnologies». Enfin, les 10 et 11 juillet, « Bonheur intérieur brut » contre PIB, interrogera la notion de richesse en envisageant d’autres indicateurs de satisfaction que le PIB. L’occasion de remettre en cause notre modèle économique et d’aborder la notion de bonheur à travers des films ethnologiques. Deux questions concluront cette thématique : «Connaissez-vous le produit intérieur doux ? » et « Le matérialisme en miettes ? ».
Résistances, c’est aussi des avant premières, dont L’armée du crime, nouveau long métrage de Robert Guédiguian, diffusé en ouverture du festival ou Le roi de l’évasion d’Alain Guiraudie que le réalisateur viendra présenter en personne. Sans oublier une mise à l’honneur du cinéma asiatique tous les jours à 18h00 et des apéro concerts sous chapiteau. Enfin, cette année l’organisation a souhaité étoffer sa programmation jeune public en proposant, le matin, des projections quotidiennes articulées autour d’un projet pédagogique destiné à sensibiliser les enfants et à les initier aux secrets du cinéma. Des discussions autour de conte, des démonstrations de techniques d’animation, et des séances d’éducation à l’image, ludiques sont prévues. Toutes ces projections se dérouleront à l’Estive où un accueil gratuit sera organisé pour les 3/10 ans. Devenez « spect-acteur » !
Add comment juillet 1, 2009
Fais-moi plaisir ! : Emmanuel Mouret (2009)
Comédie, France
Réalisation : Emmanuel Mouret
Avec Emmanuel Mouret, Judith Godrèche, Frédérique Bel
Date de sortie : 24 juin 2009
Distribution : Pyramide Distribution
Synopsis : Ariane est persuadée que son compagnon Jean-Jacques fantasme sur une autre femme. Pour sauver son couple, elle lui demande d’avoir une aventure avec celle-ci, pensant qu’il s’agit du meilleur remède pour le libérer. Lorsque Jean-Jacques se rend chez cette femme qu’il connaît à peine, il ne sait pas encore qu’il s’agit de la fille du Président de la République…
Avec Fais-moi plaisir!, Emmanuel Mouret s’entoure de trois comédiennes de charme pour un badinage sentimental élégant et délicieusement burlesque. Rencontre avec Emmanuel Mouret et Judith Godrèche.
Papillonnage amoureux
Comment est née l’idée de cette mise en forme très burlesque et faussement naïve ?
Emmanuel Mouret : La plupart des films que j’ai réalisés précédemment étaient des comédies de dialogue. Or, j’aime le burlesque, c’est un genre qui me touche, d’autant plus qu’il m’a donné le goût du cinéma et l’envie d’en faire mon métier. Là, j’avais la volonté de mêler une comédie de dialogues avec un humour plus visuel, plus gestuel. Il y a longtemps que je rêvais de réaliser ce genre de gags comme celui de la braguette ou de l’électrocution. C’était un rêve de gosse. Donc effectivement, ce film a quelque chose de plus physique que ce que j’avais fait jusque là.
On pense à Jacques Tati …
Emmanuel Mouret : En effet parce que Tati fait parti de mes cinéastes préférés. Il y a toujours eu quelque chose qui est de l’ordre de la féerie dans son cinéma, avec à la fois quelque chose qui colle au monde dans le lequel on est, et ce petit truc en plus. Mais on pourrait aussi citer Buster Keaton, Jerry Lewis ou Blake Edwards. C’est à cause d’eux que j’ai commencé à jouer dans mes films parce que j’aimais l’ironie et la complicité que ça provoquait chez le spectateur. Mais au final, ce film a tous les ressorts d’une comédie sentimentale. Je voulais surtout qu’il soit drôle tout en ayant une tenue, une certaine forme d’élégance et le burlesque permet cela. D’ailleurs j’aime bien le définir comme un film d’humour et d’amour ! J’aime bien le mot « humour » parce qu’il n’est pas trop loin du mot « amour ».
Peut-il être lu comme un conte intemporel?
Emmanuel Mouret : Pourquoi pas. Dans la mesure où je ne cherche pas à faire du réalisme social, je peux me permettre de jouer avec les décors, les costumes et donc les époques. L’intérieur de l’appartement de la fille du président est pensé comme un endroit ludique, très singulier, voire féerique avec ces créations d’art contemporain. Après si effectivement ce devait être un conte, il se rapprocherait d’Alice au pays des merveilles, avec cette entrée dans un monde mystérieux, ces voyages que l’on fait à travers ces portes souterraines et dérobées. Il peut aussi se lire comme une fable, avec une morale qui pourrait être «qui croyait prendre est pris».

La musique semble choisie avec beaucoup de soin ?
Emmanuel Mouret : C’est la partie qui a été le plus compliqué pour ce film, parce que je voulais que chaque ambiance musicale donne un ton au film. Il ne s’agissait pas ici de faire une simple compilation. Il fallait un cohérence, c’est pour cela que me suis amusé à glisser du Haendel, mais aussi Offenbach ou des choses plus easy listening qui collent bien à la scène de la réception comme Roger Roger. Mais il y a beaucoup de couleurs musicales. On y entend même quelques notes d’accordéon. Et par ici ou là on s’est amusé à y glisser une musique originale.
Pourquoi choisir Judith Godrèche ?
Emmanuel Mouret : Il y a longtemps que je rêvais de travailler avec elle. C’est quelqu’un de très élégant et surtout de très dôle qui en plus n’a peur de rien. Mais peu de gens connaissent ce potentiel. Donc j’ai tout de suite pensé à elle pour incarner la fille du président avec toute sa fantaisie et sa classe. Car elle peut jouer cette femme débordant de désir sans une once de vulgarité. Elle a d’ailleurs amené son personnage bien au delà de ce que j’imaginais.
Pourquoi avoir accepté ce rôle ?
Judith Godrèche : J’aime son cinéma et c’est très épanouissant de jouer avec lui. Car j’ai été longtemps divisé entre cinéma d’auteur et comédie. Or, j’aime énormément le cinéma d’auteur, j’en viens, mais j’ai aussi un côté clownesque. Et Emmanuel Mouret est le seul qui réussit à réconcilier ces deux parties de moi-même. Je n’ai donc pas eu à choisir entre ces deux aspects de ma personnalité. C’est d’autant plus agréable qu’en France, les comédies sont souvent très lourdes, ce qui n’est pas le cas avec lui. Ces films sont toujours légers et pétillants.

Vous pensez que tromper avec le consentement de l’autre peut sauver un couple ?
Emmanuel Mouret : Dans le film je ne suis pas prononcé pour une réponse à cette question. C’est plus le personnage de ma compagne qui propose cela comme un remède. Après, c’est un remède qui a des conséquences inattendues et cocasses. Cela dit, c’est vrai qu’un couple est nécessairement confronté, à un moment donné, à un désir extérieur. Et c’est un peu ce qui arrive à mon couple dans cette histoire. Et Là, il est vrai, cette initiative est présentée comme une très bonne solution, en soi. La seule chose c’est que rationnellement, se serait une très bonne solution, mais entre la rationalité et la réalité c’est tout autre chose.
Judith Godrèche : Je ne crois pas tellement aux formules et aux généralités comme solution. Chacun gère ce problème comme bon lui semble. Si cette solution vous semble convaincante laissez tenter. Cela dit j’émettrais quelques réserves à son égard.
Quels sont vos projets à venir ?
Judith Godrèche : J’ai réalisé mon premier film qui devrait sortir sur les écrans d’ici la fin de l’année sous le titre, Toutes les filles pleurent.

Drôle et inattendue, Fais-moi plaisir!, est une comédie absurde délicieusement décalée prenant l’amour comme prétexte à l’humour. Si Emmanuel Mouret reprends ici ses thèmes fétiches : le désir, le charme, l’élégance, la maladresse ou la naïveté, il les double d’une pointe de burlesque du meilleur effet, laissant ainsi le plaisir des mots s’étoffer d’un savoureux comique de gestes. Des gags déjà vus certes mille fois au cinéma, mais dont la relecture, tout en autodérision, par Emmanuel Mouret lui-même est un vrai bonheur. Ajoutez trois sublimes actrices, un décor oscillant entre le féerique et le grotesque, des situations rocambolesques et une absence totale de sérieux pour que ce faux conte moral se révèle aussi détonnant que jubilatoire.
Add comment juin 23, 2009
Programme et horaires du cinéma ABC
Cette semaine au cinéma ABC – Centre culturel Alban Minville à Toulouse :
AMOURS AVEUGLES
film slovaque de Juraj Lehotsky
samedi 20 à 20h30, dimanche 21 à 18h
FIRE
film indien de Deepa Mehta
lundi 22 à 20h, en partenariat avec le collectif Arc en ciel
Add comment juin 17, 2009
Tellement proches: Eric Toledano et Olivier Nakache (2009)
Comédie, France
Réalisation : Eric Toledano et Olivier Nakache
Avec Vincent Elbaz, Isabelle Carré, François-Xavier Demaison
Date de sortie : 17 juin 2009
Distribution : Mars Distribution
Synopsis : Quand Alain a épousé Nathalie, il ne savait pas qu’il épouserait aussi sa famille. Ce samedi, comme toutes les semaines, ils sont invités à dîner chez son beau-frère, Jean-Pierre à Créteil. Mais ce soir, Alain est à bloc. Il en a marre, marre de se planter à chaque fois pour aller à Créteil, marre de se taper les petits conseils de vie de Jean-Pierre et de sa femme qui élève ses enfants comme des chevaux, marre d’attendre de dîner en regardant les spectacles soporifiques de leur fille, marre aussi de son autre belle-soeur Roxane, qui, affolée par son horloge biologique, a jeté son dévolu sur un jeune interne en médecine qui se demande un peu comment il a atterri à ce dîner. Alain en a marre de ces dîners familiaux, mais il ne sait pas encore ce qui l’attend ce soir-là…
3 ans après Nos jours heureux, Eric Toledano et Olivier Nakache signent avec Tellement proches, une comédie sur la famille énergique, drôles et émouvante, portée par un casting savoureux. Rencontre avec Olivier Nakache, Vincent Elbaz et François-Xavier Demaison.
Un air de famille
C’est un film qui mêle habilement fiction et autobiographie ?
Olivier Nakache : La famille nous a toujours fasciné, c’est un vrai laboratoire. Mais, souvent ces films sont un peu convenus. Alors on a eu envie d’imaginer un film choral, une sorte de chronique familiale inspirée de nos familles et de celle de nos amis. Nous sommes parti de choses vraies et d’autres totalement inventées. Le personnage le plus autobiographique, est sans doute celui de Vincent Elbaz qui est un mélange de nous deux. Avec Eric Toledano, on a été nous aussi animateur, on a vécu ce manque de reconnaissance et ce passage de jeune à papa. Maintenant pour ce qui est de la famille on a exagéré les pathologies qu’on connaissait autour de nous. On a même fait appel à un thérapeute familiale pour qu’il nous expose les cas les plus récurrents de conflit au sein de la famille comme le concept de « l’envahissement ». Et, avec ce mélange scénarisé d’acteurs, d’histoires, de genres de comédie, on a cherché à créer des situations réalistes, drôles et je l’espère touchante ou tendre.
Qu’est ce qui vous a séduit dans ce scénario ?
Vincent Elbaz : Cette vision drôle de situations qui relèvent du quotidien. C’est un scénario vif et bien écrit qui correspondait exactement à ce que je recherchait après avoir joué pendant 6 mois une pièce très dramatique. Il y avait tout ce dont j’avais envie : cette légèreté et cette profondeur, mon personnage avec ce rapport père/fils très fort, et une troupe de nouveaux acteurs.
François-Xavier Demaison : J’avais adoré Nos jours heureux et j’ai craqué sur ce scénario sincère, loin des comédies concept, bourré d’observations justes, de rire et d’émotion. C’est ça qui me plaît dans leur cinéma, c’est qu’il fait rire parce qu’il est très proche de la réalité.
Comment travaillez-vous en étant tout deux réalisateurs ?
Olivier Nakache : Ce sont des tournages dynamiques. On est deux réalisateurs sur le plateau et on est présent. Les acteurs ne sont jamais seuls puisqu’il y en a toujours un qui est près d’eux.
Vincent Elbaz : Dit comme ça pourrait sembler très anxiogène de travailler avec des metteurs en scène comme ça, parce que ça peut être mal vécu pour un acteur d’avoir un metteur en scène en permanence sur le dos. Mais avec eux, ce n’est pas le cas. Ne me demandez pas de vous l’expliquer, mais c’est comme ça, c’est leur façon de travailler. Je viens d’ailleurs juste de réaliser que ça ne m’a pas du tout gêné, au contraire, ça m’a même plutôt aidé dans mon travaille.
Olivier Nakache : Le pire, c’est qu’on ne s’en rend même pas compte nous même. On l’a découvert en regardant le making of !
Quelle liberté laissez aux acteurs ?
Olivier Nakache : Il y a peu d’improvisation, ce sont plus des petits trucs qui émergent car la base est très écrite. En revanche, dans les scènes qui abordent des sujets sensibles, ont est souvent sur le fil. Car si elles passent à l’écriture, elles risquent souvent de coincer à l’écran, or, c’est eux qui arrivent à leur donner vie magnifiquement, à y amener cette subtilité.
François-Xavier Demaison : C’est un bonheur d’être entre ce chaud et froid, parce que c’est très studieux et malgré tout d’une grande décontraction. Ils sont deux, mais c’est une seule main qui s’agite. On a beaucoup de plaisir à être à la fois dans ce registre très écrit qui nous enferme dans nos personnages, et d’un coup, ils disent allez, lâchez les vannes et faites vivre le truc. Cette technique fait qu’il y a des petites mimiques, très justes, qui apparaissent.

Vous semblez soucieux du réalisme des attitudes ?
Vincent Elbaz : C’est leur pâte. Dès la première image, il fallait être un couple et ne pas jouer le couple. Idem pour la famille.
François-Xavier Demaison : Il ne fallait pas en rajouter comme dans les mauvais sitcom où souvent ils construisent leurs personnages et leurs attitudes sur des clichés de comportements.
Olivier Nakache : On fuit ces pseudo recettes c’est pour cela que nos films sont atypiques, pour surprendre et ne jamais laisser retomber le spectateur.
Dans Tellement proches, votre personnage, François-Xavier Demaison, évolue considérablement, jusqu’à sortir du carcan du rôle comique. C’est une satisfaction pour vous ?
François-Xavier Demaison : Enormément, car j’aimerai bien pouvoir interpréter des types inquiétants et pourquoi me diriger vers d’autres genres comme le polar, ou le drame. Coluche m’a un peu ouvert mon éventail de choix et maintenant on me propose autant de comédies que de drames. Là j’ai pas mal de comédies en préparation mais j’ai eu l’occasion de faire un polar avec Benoît Magimel. Ce qui est désormais sûr et qui l’était pour moi dès le départ, c’est que je ne veux pas m’enfermer dans la comédie et Coluche m’a heureusement ouvert plein de portes. La je parle du cinéma. En ce qui concerne la scène, je suis actuellement en train d’écrire mon deuxième spectacle.
Vous avez des projets en cours ?
François-Xavier Demaison : J’ai Le petit Nicolas qui sort le 30 septembre et Le divorce de Valérie Guignabodé qui sort le 14 Octobre qui n’est, je tiens à la préciser, absolument pas la suite de Mariage, son précédent film (rires).
Vincent Elbaz : Un film d’Emma Luchini qui s’appelle Sweet Valentine mais je ne sais pas encore quand est-ce qu’il va sortir.
Olivier Nakache : On travaille sur un nouveau long mais pas sur le thème de la famille. On essaye toujours de ne jamais refaire la même chose. On nous a beaucoup pressé le citron pour faire une suite à Nos jours heureux, mais ça ne nous a jamais intéressé donc on a refusé de la faire.

Après le succès surprise de Nos jours heureux, sorti pourtant en plein été, le duo de réalisateurs Eric Toledano et Olivier Nakache revient sur grand écran, bien décidé à en découdre avec la famille. Du moins c’est que nous laisse croire la première partie de cette comédie qui démarre sur les chapeaux de roue, frappant fort et juste contre l’image de la famille bourgeoise : parents névrosés, obnubilés par la réussite des leurs marmots forcements surdoués, et adeptes zélés de la dictature du paraître et de la psychologie de magazines. Puis le ton se calme, la critique s’adoucie pour finir sur une apologie de cette institution, ultime rempart contre ce monde qui nous échappe. C’est là que le talent des réalisateurs, autant dans l’écriture que dans la direction d’acteurs fait mouche, car malgré ce changement de ton radical, presque convenu, le film ne déçoit pas, et évite soigneusement les clichés du genre. On regrettera simplement cet étrange sentiment de nostalgie artificielle qui découle des images. Une nostalgie de pacotille qui force un peu trop l’émotion du spectateur. A noter cependant la qualité d’interprétation de François-Xavier Demaison, sobre et efficace.
Add comment juin 16, 2009
Les sorties Carlotta en salles
Non content de sortir des pépites en DVD, Carlotta propose aussi des chef-d’œuvres sur pellicule. La preuve…
24 JUIN
DUEL AU COUTEAU (Il coltelli del vendicatore)
De Mario BAVA
Avec Cameron MITCHELL, Elissa PICHELLI, Fausto TOZZI
Italie – 1965 – 86 min
Au VIIIe siècle, un chef viking disparaît en mer. Un autre guerrier, Aghen cherche à s’emparer du trône et de son épouse, la reine.
Un film de Vikings à la sauce Bava !
LA BAIE SANGLANTE (Reazione a catena)
De Mario BAVA
Avec Claudine AUGER, Luigi PISTILLI
Italie – 1973 – 76 min
La Baie est un magnifique domaine, convoité par tous. La propriétaire, une vieille comtesse paralytique, refuse de vendre. Ventura, un architecte sans scrupules met au point une machination criminelle qui détruira tous ceux qui s’opposeront à ses projets…
L’une des oeuvres les plus marquantes dans l’histoire du gore et de l’horreur. A travers ce giallo mythique, Mario Bava nous invite à un cruel jeu de massacre.
1er JUILLET
LES VACANCES DE MONSIEUR HULOT
De Jacques TATI
Avec Jacques Tati, Nathalie Pascaud, Michele Rolla
France – 1953 – 1h28
Hôtel de la plage, côte Atlantique, saison estivale, les citadins posent leurs valises. Au loin, le son dérangeant d’une voiture pétaradante. Au volant, un vacanciers pas comme les autres. C’est Monsieur Hulot qui pousse la porte de l’hôtel et déclenche un énorme courant d’air. Joyeux désordres en station balnéaire. Qui pratique un tennis chorégraphié, qui casse sa barque à la pêche. Pensionnaire décalé, semeur de troubles involontaires, il marque mal dans cette petite société de vacanciers très sérieux. Monsieur Hulot prend un véritable bain de jouvence et ressort en copies 35mm et numérique.
Le film le plus drôle de Jacques Tati enfin en version restaurée, grâce au soutien de la Fondation Gan, la Thomson Fondation, et La Cinémathèque française.
8 JUIILLET
AFFREUX, SALES ET MECHANTS (Brutti, Sporchi e Cattivi)
De Ettore SCOLA
Avec Nino MANFREDI
Italie – 1976 – 115 min – VO
Dans un bidonville à Rome, Giacinto règne en tyran sur sa nombreuse famille. Tous acceptent son autorité et sa mauvaise humeur, car le patriarche possède un magot que chacun espère lui voler. Chaque jour, il lui faut trouver de nouvelles cachettes et défendre son bien fusil en main. Lorsqu’il décide d’installer sa concubine dans le baraquement, la révolte gronde…
Humour noir et redoutable peinture sociale, interprétation magistrale de Nino Manfredi… Un film à la fois hilarant et terrifiant, l’un des chefs-d’œuvre de la comédie italienne !
Affreux, sales et méchants d’Ettore Scola sera programmé à Toulouse à partir du 29 juillet.
22 JUIILLET
LES SEPT MERCENAIRES (The Magnificent Seven)
De John STURGES
Avec Yul BRYNNER, Steve MCQUEEN, Charles BRONSON,
James COBURN, Eli WALLACH…
USA – 1960 – 128 min – VO
Pour se défendre de bandits impitoyables qui pillent leurs récoltes, des fermiers mexicains font appel à sept valeureux cowboys venus de l’Ouest. Ces sept mercenaires vont se retrouver plongés dans une lutte sans merci pour la justice et pour l’honneur.
Dernier grand western américain avant que Sergio Leone ne ré-invente le genre, le film Les Sept mercenaires est lui-même inspiré par un classique japonais, Les Sept samouraïs d’Akira Kurosawa, qui avait eu un succès et une influence énorme quelques années auparavant. La version de John Sturges réunit les acteurs les plus prestigieux – Yul Brynner, Steve McQueen, Robert Vaughn, James Coburn, Charles Bronson et Eli Wallach – dans une chevauchée pour le bien et contre le mal servie par une mise en scène admirable et la partition inoubliable d’Elmer Bernstein (nommé aux Oscars pour la bande-originale du film).
29 JUIILLET
SIGNORE E SIGNORI (Ces Messieurs Dames)
De Pietro GERMI
Avec Virna LISI, Gastone MOSCHIN
Italie – 1965 – 115 min – VO
Tony Gasparini confie à son ami et docteur, le professeur Castellani, ses ennuis intimes. Celui-ci estime que le meilleur remède est de conduire son ami à une “party”. Pour ce faire, il n’hésite même pas à le jeter dans les bras de sa femme Noemi. Mais voici que le plus grand colporteur de ragots de Trévise, Scarabello, apprend à Castellani qu’en réalité l’infirmité prétendue de Gasparini n’est pour lui qu’un alibi opportun…
Palme d’or en 1966, Signore Signori est un film à sketches dans la pure tradition de la comédie italienne, signé Pietro Germi, un cinéaste italien majeur à (re)découvrir.
19 AOUT
LES POUPEES DU DIABLE (The Devil-Doll)
De Tod BROWNING
Avec Lionel BARRYMORE, Maureen O’SULLIVAN
USA – 1936 – 78 min – VO
Victime d’un complot fomenté par ses associés, le banquier Paul Lavond est injustement condamné au bagne sur l’Ile du Diable. Il réussit quelques années plus tard à s’échapper en compagnie d’un scientifique, inventeur d’une formule permettant de réduire à la taille d’une poupée les êtres humains. Lavond décide alors de se venger…
Incroyable film fantastique à la poésie ténébreuse, réalisé 4 ans après Freaks, Les Poupées du Diable met des effets spéciaux à couper le souffle (afin de donner l’illusion de personnages réduits à la taille de poupées, d’immenses décors avaient été construits) au service d’une poignante tragédie humaine.
16 SEPTEMBRE
MY OWN PRIVATE IDAHO
De Gus VAN SANT
Avec Keanu REEVES, River PHOENIX
USA – 1991 – 105 min – VO
Scott et Mike sont amants, toxicomanes et prostitués. Mike, homosexuel et atteint de narcolepsie, est obsédé par la recherche de sa mère qui l’a abandonné. Quant à lui Scott, fils du maire de la ville est issu d’un milieu beaucoup plus stable. Lorsque Mike confesse son amour à Scott, celui-ci affirme être hétérosexuel.
Après Drugstore Cowboy, Gus Van Sant revient sur ses thèmes de prédilection : la jeunesse et le trouble. Inspiré librement du Henri IV de Shakespeare, My Own Private Idaho est aussi un film bouleversant sur l’amitié masculine.
OCTOBRE
IL ETAIT UNE FOIS LA REVOLUTION (Giu la testa)
De Sergio LEONE
Avec Rod STEIGER, James COBURN
Italie / USA – 1971 – 150 min
Mexique, 1913… Enrôlé par Sean, dans le braquage d’une banque plus riche en prisonniers qu’en or, Juan, un «peone», est pris dans une révolution dont il deviendra, bien malgré lui, un héros.
Dans la lignée de Pat Garrett et Billy le Kid de Sam Peckinpah, Il était une fois la révolution entreprend de détruire les figures du western en en démontrant l’anachronisme. Ce film est une pièce maîtresse de l’œuvre de Sergio Leone, présentée en version italienne restaurée inédite.
QUERELLE
De Rainer Werner FASSBINDER
Avec Brad DAVIS, Jeanne MOREAU, Laurent MALET
Allemagne/France – 1982 – 108 min – VO
Lors d’une escale à Brest, le marin Querelle provoque le désir d’hommes et de femmes. Celui du lieutenant de son navire d’abord, puis toute une nébuleuse interlope qui fréquente le plus grand bouge de la ville.
Adapté du sulfureux roman de Jean Genet Querelle de Brest, le dernier film de Fassbinder est un film culte, enfin de nouveau en copies neuves.
Add comment juin 8, 2009
Hommage à Dino Risi du 5 au 7 juin à l’Autan de Ramonville
En prélude aux prochaines Rencontres du cinéma italien à Toulouse prévue cette année du 27 novembre-6 décembre 2009, l’association Cinéma Paradiso nous propose de patienter avec cet hommage consacré à un à monstre du cinéma italien qui nous a quitté le 7 juin 2008: Dino Risi.
Le tout suivi d’une présentation animée par un spécialiste du cinéma italien, Jean-Claude Mirabella.
Au programme 5 films:
Poveri ma belli (pauvres mais belles) – Comédie – 1957 – 1h39
Vendredi 5 Juin à 21h et Samedi 6 Juin à 19h
Le premier grand succès populaire de Risi. Peinture d’une Rome « petite bourgeoise» des années 60. Un « néo-réalisme rose » frais et vivant. Un régal.
Il giovedi (le jeudi) – Drame – 1963 -1h40
Samedi 6 Juin à 15h
Un des meilleurs films de Dino Risi : fraicheur, légèreté et grande profondeur.
Au nom du peuple italien – Thriller politique – 1975 – 1h38
Samedi 6 Juin à 21h et Dimanche 7 Juin à 15h
Un grand moment de satire populaire à l’italienne d’un modernisme toujours d’actualité.
Une vie difficile – Drame – 1961 – 1h58
Samedi 6 juin à 17h et Dimanche 7 Juin à 19h
Une petite merveille de drôlerie, de sensibilité et de critique satirique. Peut être le plus beau rôle de Sordi.
L’ultimo Capodanno (le dernier nouvel an) – Comédie Dramatique – 1998 – 1h49
Dimanche 7 Juin à 17h
Découverte de Marco Risi. Drôlerie féroce voire trash ! Un des premiers rôles
(osé..) de Monica Bellucci.
Rendez-vous au Cinéma L’autan :
Place Jean Jaurès – 31520 – Ramonville
Métro Ligne B : Ramonville
Renseignements :
05 61 73 89 03
Add comment juin 2, 2009
Le Cercle des Cinéphiles, demain soir à 19h, sur Radio Mon Païs
Mardi 2 Juin 2009
En direct de 19h à 20h
LE CERCLE DES CINEPHILES
Animé par Alexandre Tylski
Numéro spécial
ACTUALITES DU CINEMA
A écouter sur Radio Mon Païs (FM 90,1)
Au programme:
- Looking for Eric (Loach)
- Vengeances (To)
- Etreintes brisees (Pedro Almodovar)
- Star Trek (Abrams)
- Anges & Demons (Richie Cunningham)
- La Nuit au musée 2 (Levy) …
Avec
Christian Authier, L’Opinion Indépendante
Patrice Chambon, Flash Hebdo
Jean-Marc Lucas, Télé Toulouse
Nicolas Zugasti, revue Versus
Add comment juin 1, 2009
Rétrospective intégrale François Truffaut du 2 juin au 14 juillet, à L’Institut Lumière
L’Institut Lumière organise, à Lyon, une rétrospective intégrale des films de François Truffaut du 2 Juin au 14 Juillet.
L’occasion de redécouvrir un cinéaste français majeur, amoureux fou du 7ème art et de la vie, qui a bouleversé le cinéma mondial, en ouvrant la voie à la Nouvelle Vague, avec Les Quatre Cents Coups (1959). Une Nouvelle Vague qui fête cette année ses cinquante ans.
Soirée d’ouverture, mardi 2 juin à 19h, présentée par Fabrice Calzettoni
Les Quatre cents coups (F. Truffaut)
Soirée spéciale, jeudi 11 juin à 19h30, en présence de Serge Toubiana, biographe du cinéaste et directeur général de la Cinémathèque française. Conférence sur François Truffaut et projection de La Peau Douce (F. Truffaut)
Add comment mai 28, 2009
Actualité DVD chez Carlotta
Et une nouvelle fois, il faut bien l’avouer, la lecture rapide de ce planning nous fait déjà saliver. Pour que vous puissiez en jugez par vous même, en voici la preuve:
20 mai 2009
L’HOMME AUX MILLE VISAGES (1957)
Un film de Joseph PEVNEY
Avec James CAGNEY
L’histoire vraie de Lon Chaney, l’une des stars les plus célèbres du cinéma muet, surnommé «L’homme aux mille visages », immortalisé par des films comme Notre-Dame de Paris ou Le Fantôme de l’opéra. James Cagney livre une performance inoubliable et rend un hommage bouleversant au métier d’acteur, dans l’un des premiers biopics américains.
Nouveau Master Restauré, VF + VOSTF
Inclus bande-annonce d’époque + une préface inédite
10 juin 2009
LE GRAND COUTEAU (1955)
Un film de Robert ALDRICH
Avec Jack PALANCE et Ida LUPINO
Une violente satire des mœurs de Hollywood signée Robert Aldrich (En quatrième vitesse, Les Douze salopards…). À partir d’un scénario diabolique, Aldrich dénonce un Hollywood tout entier vendu au culte de l’argent et du pouvoir. Servi par des acteurs magistraux et récompensé par un Lion d’Argent en 1955, Le Grand couteau, thriller passionné, est un grand classique de l’âge d’or du cinéma américain.
Nouveau Master Restauré, VF + VOSTF
Inclus bande-annonce d’époque + une préface inédite
24 juin 2009
ÉVÈNEMENT MARIO BAVA


LES VAMPIRES (1956),
DUEL AU COUTEAU (1966)
LA BAIE SANGLANTE (1971)
3 films essentiels et cultes de Mario Bava, le maître italien du cinéma de genre.
La Baie Sanglante (1971), un furieux jeu de massacre qui a inspiré Brian de Palma, Dario Argento, et le Scream de Wes Craven.
Les Vampires (1956), le premier chef-d’œuvre de la carrière de Bava, dans la plus pure tradition gothique et fantastique. Un film, cela dit réalisé par Riccardo Freda et sur lequel Mario Bava s’est plus ou moins contenté de faire la photo.
Duel au couteau (1966), un film d’aventures inoubliable situé chez les Vikings, réponse plus fun mais bien moins convaincante du cinéaste aux Vikings de Richard Fleischer.
Nouveaux Masters Restaurés, VF + VOSTF
Inclus bandes-annonces, préfaces, analyses + un documentaire indispensable
8 juillet 2009
SPÉCIAL COMÉDIES ITALIENNES AVEC L’’IRRESISTIBLE MARCELLO MASTROIANNI
HIER, AUJOURD’HUI & DEMAIN (1963)
Un film de Vittorio DE SICA
avec Marcello MASTROIANNI et Sophia LOREN
AUJOURD’HUI,, DEMAIN & APRÈS-DEMAIN (1965)
Un film de Marco FERRERI,
Avec Eduardo DE FILIPPO et Luciano SALCE
À l’instar de Boccace ’70, Hier, aujourd’hui et demain et Aujourd’hui, demain et après-demain explorent de façon détournée et loufoque la société italienne des années 60 à travers les thèmes du couple, de la séduction, la sexualité et du pouvoir. Réunissant les plus grands noms du cinéma italien, des réalisateurs Vittorio De Sica (Mariage à l’italienne) et Marco Ferreri (La Grande bouffe) aux actrices Sophia Loren et Virna Lisi, ces deux chefs-d’œuvre de la comédie italienne sont une ode au talent unique de l’acteur Marcello Mastroianni.
EN COFFRET COLLECTOR 2DVD + HIER, AUJOURD’HUI ET DEMAIN EN ÉDITION INDIVIDUELLE
22 juillet 2009
CASANOVA ’70 (1965)
Un film de Mario MONICELLI
Avec Marcello MASTROIANNI et Virna LISI
En reprenant la figure historique de Casanova dans les années soixante-dix, Mario Monicelli (La Grande Guerre) réalise une satire de la société italienne de son époque tout en plagiant le film d’espionnage. Au-delà des gags géniaux et des situations cocasses qu’il déploie, Casanova ’70 nous offre un superbe défilé de femmes toujours ravissantes.
Nouveau Master Restauré, VOSTF
Inclus bande-annonce d’époque + un documentaire inédit
19 août 2009
HOMMAGE À UN GRAND CINÉASTE JAPONAIS KON ICHIKAWA
LA HARPE DE BIRMANIE (1957)
Dans cette fable humaniste, un groupe de soldats trouve, par la force du chant, un esprit de cohésion qui leur permet de refuser la violence. La beauté de la musique d’Akira Ifukube, le rythme lancinant du récit, l’extrême précision du cadre qui magnifie de somptueux décors font de La Harpe de Birmanie un chefd’œuvre lyrique, plaçant Ichikawa parmi les grands maîtres nippons.
KOKORO (1955)
Adapté d’un chef-d’œuvre de la littérature japonaise, Kokoro est l’un des films les plus marquants de Kon Ichikawa. La superbe réussite d’Ichikawa, ici, est de peindre avec une grande limpidité le chagrin des hommes, leurs sentiments confus, et les rancœurs muettes qu’ils laissent échapper à l’abri des regards.
SEUL SUR L’OCÉAN PACIFIQUE (1963)
Inspiré de l’exploit de Kenichi Horie, premier Japonais à s’être mesuré seul à l’immensité de l’océan Pacifique, Seul sur l’océan Pacifique est le récit d’une incroyable épreuve humaine.
L’utilisation éblouissante du format Cinémascope en pleine mer, l’intensité de la musique composée par Toru Takemitsu et l’originalité de l’approche psychologique d’Ichikawa font de ce chef-d’œuvre épique une ode poignante à l’humanité.
Nouveaux Masters Restaurés, VOSTF
Inclus bandes-annonces, préfaces + une analyse
Inclus un livret (36 pages) exclusif !
EN COFFRET COLLECTOR 3DVD + LA HARPE DE BIRMANIE EN ÉDITION INDIVIDUELLE
Add comment mai 28, 2009
Quelque chose à te dire : Cécile Telerman (2009)
France – Comédie dramatique
Réalisation: Cécile Telerman
avec Mathilde Seigner, Pascal Elbé, Olivier Marchal
Date de sortie: 27 mai 2008
Distribution: Studio Canal
Synopsis: La famille Celliers est une famille bourgeoise ordinaire. Mady, mère au foyer, passe la majeure partie de son temps à dire des horreurs de ses deux filles et de son mari. Henry, ancien grand patron, régresse depuis son départ à la retraite. Antoine, le frère aîné, chef d’entreprise minable, enchaîne faillite sur faillite tandis qu’Alice, sa soeur, peint compulsivement, des madones dépressives. Quant à Annabelle, infirmière, elle tente de sauver ses proches en leur prédisant l’avenir dans les cartes. Tout irait dans le meilleur des mondes chez les Celliers si Alice ne croisait pas “par hasard”, Jacques, flic solitaire et désabusé, qui viendra dynamiter leurs névroses familiales.
Sur fond d’une improbable histoire d’amour, Quelque chose à te dire dissèque avec tendresse et naïveté les soucis existentiels d’une famille bobo en pleine déconfiture.
Rencontre avec Cécile Telerman entourée de Patrick Chesnais et Pascal Elbé.

Les raisons du coeur
Les secrets de famille…
Cécile Telerman : C’est effectivement le thème de ce film. Je voulais parler des relations qui existent entres les différents membres d’une famille et de la façon dont les choses se transmettent des parents aux enfants, surtout dans les non dits, parce que bien sûr, on transmet sans le vouloir ce qu’on ne veut pas dire à son enfant, pour le protéger. Le divulguer deviendrait synonyme de chagrin, voire de honte sociale et risquerai de conduire au désagrégement de cette famille. Je suis donc parti de ce qui est le plus explosifs dans les relations familiales : les secrets.
Pourtant, le point de départ de cette histoire n’est pas réaliste
Cécile Telerman : Si vous voulez. Cela dit, un secret de famille n’est jamais réaliste. Ici, tout débute par une coïncidence : Alice (Mathilde Seigner) se retrouve avec Jacques (Olivier Marchal) dans le même commissariat, pour un motif futile ou du moins traité comme tel. En revanche, toute la suite de l’histoire, avec la reproduction des mêmes conduites, les échecs à répétition ou ces mêmes événements qui se produisent à des dates anniversaires, est quelque chose de réaliste. Tout ceux qui s’intéressent à la psychanalyse familiale vous le diront. Simplement ici, c’est fait d’une façon un peu plus démonstrative.
Au moment de l’écriture vous pensiez déjà à ces acteurs pour incarner vos personnages ?
Cécile Telerman : Au début, j’ai tout de suite souhaité tourner avec Mathilde Seigner et Pascal Elbé. J’avais déjà travaillé avec eux sur mon premier long métrage Tout pour plaire. Ils m’ont semblé évident dès le départ. Par contre en ce qui concerne, Olivier Marchal, Charlotte Rempling et surtout Patrick Chesnais je n’ai pas pensé à eux au moment de l’écriture. Je me les suis approprié si vous voulez. Pour être honnête j’envisageais d’autres acteurs qui finalement ce sont désistés. J’ai donc aimé ces personnages après coup, une fois le casting effectué.
Olivier Marchal est ici employé à contre courant…
Cécile Telerman : Il donne vie surtout un personnage difficile à incarner. Je devais trouver quelqu’un de 50 ans avec une physique imposant, une prestance et qui dégage quelque chose de rassurant. C’est Mathilde qui m’a fait pensé à Olivier Marchal. Elle l’avait vu dans un rôle à contre emploi, déjà, dans un épisode télé de ces adaptations des nouvelles de Maupassant. Et là ici, c’est vrai qu’il joue un flic, un peu usé par la vie, mais pas plus de 5 minutes. Après, je voulait l’emmèner vers un autre registre.

Pourquoi faire un film de famille ?
Cécile Telerman : La famille c’est un monde simplifié avec ses tensions, ses guerres, ses haines et ses amours. C’est un microcosme à l’image du fonctionnement du monde. Il y a des envies, des rejets ou de l’ambition. Il y a donc tout dans la famille, c‘est pour cela que ça donne toujours des films passionnants.
Patrick Chesnais : Je garde un très bon souvenir du travail que nous avons effectué sur ce film de famille comme vous dites. Car Cécile Telerman est quelqu’un qui a une vraie écoute. Elle aime ses personnages et ses acteurs. Elle les gratte pour leur donner une vraie épaisseur, une vraie densité. Et je trouve qu’elle arrive à se distinguer justement dans ce type de film choral en apportant ces nuances et cette complexité à ces personnages.
Pascal Elbé : Dans un film ce qui m’intéresse le plus, c’est la relation à l’autre qu’on y dépeint. J’ai adoré dès la première lecture du scénario. Les relations père-fils ou la question de la transmission, ce sont des problématiques qui me touchent beaucoup, que ce soit comme acteur ou simple spectateur. Les films que j’adore traitent souvent de la famille ou de l’amitié. Je pense au Parrain de Coppola, à Il était une fois en Amérique ou même à Un éléphant ça trompe énormément. C’est pour que j’aime le cinéma de Cécile, pour son approche et sa personnalité, mais aussi parce je m’y sens bien.
Sur ce film vous êtes à la foi scénariste, réalisatrice et coproductrice. Est-ce source de plus de liberté ou de contraintes ?
Cécile Telerman : J’aime bien tout maîtriser. En tant que co productrice de mon propre film, je sais exactement ce qui se passe, j’ai accès à tout, ça me rend plus responsable. Je sais à quoi je m’engage (si je prends du retard dans le tournage par exemple) et surtout je connais ma valeur de marché. Donc ça me laisse la tête froide. Actuellement, il y a une inflation des coûts du cinéma. Ce film par exemple a coûté bien plus cher que mon premier. Or je déteste faire des films chers. Parce que plus on augmente les coûts et moins on est nombreux à réaliser des longs métrages. Je le vois donc une garantie de la liberté d’expression pour les autres. Et puis surtout, je n’ai pas besoin de millions pour dire ce que j’ai à dire.

Malgré toute la sympathie de la cinéaste nous passerons rapidement sur sa dernière réalisation que l’excès de sentimentalisme, de psychologie de magazine et de bons mots rendent bien vite indigeste. Le casting de choix n’y change rien. Le duo Olivier Marchal/Mathilde Seignier s’avère bien peu crédible. C’est d’autant plus regrettable que l’on comptait au moins sur Olivier Marchal pour apporter un peu de crédibilité aux scènes du commissariat. C’est malheureusement peine perdue. Que penser d’un policier qui jette 200g de cocaïne avant de relâcher paternellement sa détenue ? Certes, le côté fable est assumé, mais la vision du monde social est si stéréotypée, si rose que ce mélo lisse et sans réelle surprise en devient déconcertant.
Add comment mai 27, 2009